Ce n'est pas votre amour qui est en cause. C'est peut-être, simplement, la façon dont vous avez appris à le donner.
Vous voulez tout suivre, tout anticiper, tout sécuriser — leurs devoirs, leurs amis, leurs choix, leur avenir. C'est votre façon de les protéger. Mais plus vous serrez fort, plus vous sentez qu'ils cherchent à s'échapper.
Les laisser se tromper, choisir un autre chemin que le vôtre, avancer à leur rythme — cela vous semble presque dangereux. Alors vous soufflez les solutions, vous veillez encore, même quand ils sont grands, même quand ils sont partis.
Vos enfants sont nés ici. Ils pensent, réagissent, décident avec les codes de ce pays — pas ceux de votre culture, de votre enfance, de votre vécu. Et parfois, vous avez l'impression qu'ils viennent d'un monde qui n'est pas le vôtre.
Vous attendez beaucoup d'eux, parce que vous sacrifiez tant pour eux. Mais ce sacrifice, ils ne l'ont jamais demandé — c'est vous qui vous l'êtes imposé. Et vous ne vous autorisez rien : ni repos, ni vacances sans eux, ni le droit à l'erreur.
Vous travaillez sans relâche pour leur offrir le meilleur — le confort, les opportunités, l'avenir. Et un jour, vous réalisez, le cœur serré, que vous ne les avez presque pas vus grandir.